| |
Pendant que la campagne menée par le Président de la République contre la gabegie bat son plein, certaines niches « discrètes » réussissent à échapper à cette action grâce à une manipulation machiavélique des relations internationales.
Il en est ainsi du système régional de l’OMVS où continuent à sévir, souvent aux dépens des intérêts majeurs de la Mauritanie, des caciques du système tayiste. Personne ne se souvient avec précision du nombre de mandats « obtenus» par Monsieur Mohamed Salem Ould Merzoug à la tête de l’OMVS. Peu de gens connaissent le secret de cette longévité ; même si tous ceux qui ont suivi son parcours tayiste s’en doutent…
Grâce à une stratégie régionale où les intérêts mauritaniens ont souvent servi de monnaie de change, Le Haut-commissaire ne cesse d’œuvrer pour son maintien. Il a réussi à mettre en place un système de gestion qui lui permet de décentraliser au niveau des filiales spécialisées (en particulier la plus riche, la SOGEM) et des projets, les échanges occultes avec les Etats (autres que mauritanien, en particulier.).
Ainsi, la présence mauritanienne au niveau de ces institutions est souvent, non seulement réduite à sa plus simple expression, mais aussi vidée de tout contenu décisionnel réel grâce, notamment, à des actions de marginalisation sur commande. Ainsi, les cadres mauritaniens à la SOGEM (un Directeur, un chef de service et un chef de division) sont maintenus dans des situations fonctionnelles, décisionnelles et de rémunération peu satisfaisantes.
Non seulement le Haut-commissaire mais aussi le Président mauritanien du Conseil d’Administration, Monsieur Mohamed Ould Nany, n’ont jamais rien fait pour rentabiliser pour la Mauritanie la présence de tels cadres. Toute leur énergie est orientée vers leurs intérêts personnels : Prises en charges exorbitantes, véhicule de fonction et autres avantages dus et indus.
Pour ce faire, ils sont disposés à consentir toutes formes de contreparties au profit des protégés des autres Etats, même au détriment de leurs compatriotes. Et comme si cela ne suffisait pas, ils ont entrepris de faire faire du mal par la Direction Générale sénégalaise (recourant, par ailleurs, à des pratiques peu élégantes) à tous ceux qui ont exprimé des réserves sur de tels comportements. Le traitement réservé à ce type de témoins est, évidement fonction de leur capacité de résistance et de leur engagement.
Le Directeur Financier mauritanien s’est ainsi vu progressivement marginalisé dans la gestion de la SOGEM. Malgré les efforts fournis pour la réconciliation du Président du Conseil et du Directeur Général (efforts qui se sont soldés par la mise à la disposition du Président d’un véhicule), ils ont fini par s’entendre pour l’exclure indûment de processus de prise de décision impliquant directement son département.
Ainsi, il n’y a pas longtemps, le Président du Conseil a autorisé la couverture d’un débit de l’Entreprise s’élevant à plus de 500 millions de FCFA auprès d’une banque partenaire sans La signature du Directeur Financier (Le président avait convaincu le Directeur Général, profane en matière financière, qu’une telle procédure était tout-à-fait régulière).
La dernière en date de ces exclusions est à l’occasion de la préparation et du lancement d’un appel d’offres pour le placement des excédents de trésorerie de la SOGEM. Le processus entièrement dirigé par le Président du Conseil est entrain d’être clôturé sans aucune participation du Directeur Financier.
Comme pour justifier cette marginalisation, le Haut-commissaire, en connivence avec les Autorités de l’un des Etats, a ordonné à la Direction Générale de recruter, de gré-à-gré et au prix fort (103 millions de FCFA, soit beaucoup plus que ce qui a été payé aux cabinets internationaux ayant effectué les audits des exercices 2007,08, 09 et 2010, 11 et 12.), un cabinet installé à Dakar pour discréditer le Directeur Financier , lui faisant porter , au passage et à la place d’autres, la responsabilité de situations peu transparentes qui ont, dans un passé récent, menacé la survie de l’Entreprise (Affaire AGGREKO).
Le Président du Conseil, qui a d’abord exprimé son étonnement et sa désapprobation a fini par se ranger derrière cette machination dont l’objet caché était de disculper certains responsables quitte à éclabousser son compatriote Directeur Financier qui n’était même pas encore à la SOGEM au moment où cette affaire se mettait en place. Et c’est pourquoi, dans la même veine, il a donné ses instructions pour que le rapport de ce cabinet sur la Direction financière ne soit pas transmis à son compatriote Directeur Financier. Ce qui ne dénote pas d’un grand sens de la solidarité nationale.
La seule explication rationnelle à ces actions semble être la volonté des deux principaux représentants de la Mauritanie dans le système OMVS (Haut-commissaire et Président du Conseil d’Administration de la SOGEM) de continuer leur « discrète » mainmise sur le système, excluant tous les regards dérangeants.
Il va de soi que celui du Directeur Financier, fervent défenseur et militant actif des valeurs prônées par le Président de la République (en particulier, la présence d’un Etat mauritanien fort au sein du concert des nations, sacralité des intérêts du citoyen mauritanien à tous les niveaux, …) ne peut que déranger.
Cheikh Ould Mohamed Brahim
Source :
Le Quotidien de Nouakchott
|
|